D’année en année, le même phénomène se répète : nous assistons à des centaines d’abandons d’animaux de toutes sortes qui sont presque devenus une banalité, comme si c’était une fatalité contre laquelle on ne peut rien faire....
Et d’année en année, les chiffres ne s’améliorent pas : on abandonne toujours autant, dans des conditions souvent révoltantes qui vous font douter de l’humanité de certains de nos contemporains.
On a longtemps cru que ce phénomène limité aux périodes de vacances.
Aujourd’hui, on abandonne aussi, et de plus en plus, tout au long de l’année.
Les raisons de ces abandons sont, hélas, bien connues:
- accueil sur un coup de cœur ou obscure envie devenue irrésistible
- manque, -voire absence-, d'information et de réflexion suffisante sur la responsabilité prise, les contraintes et les obligations qui devront être assumées
- petit à petit, l’animal aussi est devenu tantôt un élément de standing ou un effet de mode, tantôt un signe d’appartenance ou de reconnaissance
- enfin, parfois ramené à un statut d'objet comme un autre, on croit pouvoir s'en débarrasser dès que l’on n’en a plus l’utilité, qu’il devient trop encombrant, trop contraignant ou qu'il cesse de plaire.
L'abandon ne doit pas devenir un acte banal.
Certains de ces abandonnés finissent dans un laboratoire, d’autres dans la rue ou dans la nature, les condamnant ainsi à une mort parfois quasi certaine. Bien souvent, d'aucuns se voilent la face, sans doute pour se donner meilleure conscience, en se disant qu'ils se débrouilleront bien seuls,...
L'intervention des bénévoles, amis des animaux, est cruciale.
Toutefois, certains en profitent pour se trouver une excuse supplémentaire à leur abandon, pour se dire qu'il s'en trouvera bien un pour s'occuper de leur animal.
Ces bénévoles existent, fort heureusement, bien qu’on les relègue encore parfois au rang d’originaux un peu bizarres. Au minimum par la nourriture, ils tentent d'assurer à tous ces abandonnés des chances de survie, le plus souvent en n’hésitant pas à mettre la main à la poche.
Les animaux les plus chanceux dans leur malheur finissent dans une nouvelle famille ou dans des refuges qui croulent sous le nombre et la diversité des animaux, sans avoir toujours tous les moyens suffisants de faire face.
On ne rend pas assez hommage à tous ces gens qui, bénévolement et sans reconnaissance, tentent de réparer du mieux qu’ils peuvent les dégâts et les conséquences de l’inconscience de leurs compatriotes.
S'ils nétaient pas là pour faire ce travail remarquable et indispensable, on se demande bien qui le ferait à leur place et comment il serait fait.
Il est bien vrai que l’homme, seule espèce qui soit à la fois son propre prédateur et le prédateur de toutes les autres espèces, est dans bien des cas capable du meilleur et du pire, avec plus ou moins de conscience. Du moins pour certains d’entre-eux…
Heureusement, dans une société devenue trop stressante, trop individualiste et matérialiste, où tout doit aller vite et où l’on gaspille et jette aussi facilement qu’on achète, la possession d’un animal peut aussi correspondre à des motivations plus profondes.
L’amour inconditionnel, total et sans arrière pensée que nous vouent nos animaux de compagnie, aux personnalités si attachantes, nous touche, nous rassure et nous aide à tenir et passer bien des caps.
Dans leur monde trop artificiel, où le paraître prime sur l’être, d’aucuns ne comprennent pas et jugent excessifs ces liens réciproques d’attachement à nos « bêtes », qui vont bien au-delà de l’amour et du simple respect de toutes les formes de vie.
Les différences de conditions de vie et d’expériences vécues durant le parcours de chacun ne conduisent pas au même endroit, aux mêmes échelles de valeurs.
Beaucoup des auteurs de ces jugements ont d’ailleurs bien souvent du mal à les étayer vraiment.
Après tout, pourquoi serait-il mieux d’être prêt à risquer sa vie pour une voiture que pour un animal ?
Hormis les classiques chats, chiens, oiseaux et autres poissons, ces dernières années ont vu se développer l’accueil de nouveaux animaux de compagnie, connus sous l’abréviation « NAC ».
Leur accueil est un acte encore moins anodin de part les particularités des conditions de vie qu’exigeront beaucoup d’entre-eux.
Les refuges, d’ailleurs, sont déjà confrontés à l’accueil de certains de ces NAC victimes, eux-aussi, d’abandon, voir de mauvais traitements.
Il est aussi bon de rappeler que la détention de certaines espèces est soumise à autorisation et qu’elle est, pour d’autres, notamment en voie de disparition, carrément interdite.
L’appât du gain d’apprentis-éleveurs aidant, il est fort probable qu’on entende de plus en plus parler, dans les prochaines années, de trafics, d’abus ou de problèmes liés à des reproductions anarchiques risquant de « tarer » des descendances entières.
Aussi surprenant que cela paraisse, il faut aussi savoir que le trafic d’animaux se situe à la deuxième place mondiale, après le trafic d’armes et avant le trafic de drogue !
A celui de zoo classique aux cages exigûes se substitue de plus en plus les parcs naturels et les parcs animaliers ou zoologiques, plus propices à offrir à chaque espèce des conditions de vie aussi proches que possible de celles de leur milieu naturel d’origine.
Certains de ces parcs se consacrent, au moins partiellement, à une préservation devenue indispensable de certaines espèces gravement menacées.
Sans ces parcs, les jours de ces espèces seraient comptés et certaines auraient sans doute déjà disparues.
Tous les animaux n’ont pas vocation à devenir des animaux de compagnie. Si l’on voit très bien son propre plaisir, il est beaucoup plus rare de s’interroger en essayant de se mettre à la place des animaux.
Naturellement destinés à la vie en liberté, à courir la campagne, la plaine, la montagne ou la forêt, il n’est peut-être pas si évident que certains d'entre-eux soient aussi ravis que ça d’être confinés dans un intérieur plus ou moins grand ou dans une cage, fusse-t-elle dorée : ils n’ont pas la parole mais, s’ils l’avaient, ils auraient sans doute beaucoup de choses à nous dire et à nous expliquer !
A une époque où l’on se préoccupe de plus en plus d’écologie et de préservation de la planète, des espèces et des milieux naturels, on commence de mieux en mieux à comprendre et à admettre que notre propre destin est étroitement lié à celui de tout ce qui nous entoure.
Un peu plus de conscience et de responsabilité avant d’accueillir n’importe quel animal ne seraient-ils pas bienvenues ?
Respecter un animal fait tout simplement partie de la même logique…